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Association pour le Développement de MELGA, MaliL’emblème de l’ADM, une femme dessinée portant son enfant

Le journal de l'ADMDepuis 1986Melga · Mali

Le témoignage de Pierrette

Texte dit par Pierrette Hirschauer à la fête des 40 ans, le 19 septembre 2026, à Saint-Denis.

Pierrette Hirschauer, fondatrice de l'ADM, raconte en trois dates comment est née l'association : 1962, 1973, 1986. Voici trois extraits, puis le texte complet.

« L'ADM a 40 ans d'existence mais, pour certains d'entre nous, ce sont 64 ans d'amitié qui se sont écoulés. »

Pierrette Hirschauer, 19 septembre 2026

« Donc éviter l'assistanat et promouvoir le développement. »

Pierrette Hirschauer, 19 septembre 2026

« Je suis heureuse d'être avec vous aujourd'hui. »

Pierrette Hirschauer, 19 septembre 2026
Lire le témoignage complet

L'ADM a 40 ans d'existence mais, pour certains d'entre nous, ce sont 64 ans d'amitié qui se sont écoulés.

L'ADM est fille d'EPHETA et de clubs Unesco ; je vous explique cela en 3 dates : 1962, 1973, 1986.

1962 : c'est la fin de la guerre d'Algérie et la décolonisation : l'Algérie, le Mali… deviennent indépendants. Chantal vous expliquera comment des jeunes filles étudiantes sont venues à Aubervilliers aider des Africains à apprendre le français ; un groupe s'est formé et une ONG créée. EPHETA était composée uniquement de jeunes Français (les étrangers n'ayant pas, à cette époque, le droit de s'associer). Pour moi, qui finissais mes études et ne pensais qu'à une chose, retrouver au plus vite ma Normandie natale, je ne m'imaginais pas ce qui allait m'arriver.

Des liens d'amitié se sont créés, et on se racontait. Amadou, je me souviens, me disait que, enfant, lorsqu'il sortait du village, des singes l'embêtaient.

Oui, Melga n'avait pas l'environnement actuel ! Le Karakoro était bordé de grands arbres, Melga était prospère ! Les jeunes Peuls venaient en France pour prouver à leur famille ce dont ils étaient capables, et ensuite retournaient à Melga se marier. Moi, dans ce groupe, j'ai fait la connaissance d'André. Nous étions responsables de la commission loisirs, oui, je répète, loisirs, entre autres balades dans la forêt de Fontainebleau, et nous nous sommes mariés en 1964.

1973 : la grande sécheresse ! La terre se dessèche ; d'après les spécialistes, elle ne se remettra jamais de ce qu'elle a subi cette année-là. La pluie revenue emportera la terre arable et parfois les maisons ; famine, perte de bétail. Djibril Sow nous demandera de l'aide. Une formule circulera vite : « ne donne pas un poisson à celui qui a faim, apprends-lui à pêcher ! » Donc éviter l'assistanat et promouvoir le développement.

Les années suivantes ont été marquées par des actions de sensibilisation ici, des suivis de stage, par exemple au GRDR à Ecoublay, des cours et des actes de développement là-bas. Les clubs Unesco nous ont beaucoup aidés.

1986 : grâce à Michel Grave, juriste, c'est dans la parfaite continuité que l'Association pour le Développement de Melga a été créée, avec en son sein, cette fois, des Maliens de Melga. Les actions, les voyages, les missions se sont développés, mais je laisse à Catherine et à Marie vous en parler et témoigner à leur tour.

Je souhaite beaucoup de courage aux enfants de Melga, car maintenant le dérèglement climatique et l'insécurité vous compliquent la tâche. Je félicite ceux d'entre vous qui, néanmoins, comme leurs aînés, sont acteurs ici et là-bas.

64 ans après, je suis toujours en région parisienne et ne retrouve ma Normandie que pendant des séjours dans la maison de famille, mais je ne regrette pas cette aventure humaine qui a été la mienne avec les « enfants de Melga ». Je suis heureuse d'être avec vous aujourd'hui.

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